Journal "L'INDÉPENDANT"   Article du Jeudi 13 Juillet 1995   Perpignan centre-ville

Le CDCA manifeste devant une étude d'huissiers pour défendre deux pâtissiers dans le pétrin !

Face-à-face, dans le centre-ville, entre les policiers et une centaine d'artisans et commerçants qui avaient
répondu à l'appel du Bureau Départemental du CDCA et manifestaient devant l'étude Bringuier-Soler-Grau-Gourbil.
(Photo Philippe ROUAH - Voir l'article ci-dessous.)
Perpignan -66, Sit-in du CDCA pour défendre deux pâtissiers dans le pétrin - 12 Juillet 1995 - Comité de Défense des Commerçants et Artisans
Retour CDCA PYRENEES ORIENTALES
Une centaine de membres de la CDCA (Confédération de Défense des Commerçants et Artisans), artisans et commerçants, a manifesté hier matin (Mercredi 12 Juillet 1995) dans le centre-ville de Perpignan. Ils se sont rendus à pied en cortège jusqu'à l'étude de Maîtres Bringuier-Soler-Grau-Gourbil située au N°16 de la Place Jean Jaurès.
Les artisans et commerçants protestaient ainsi contre les blocages de comptes bancaires exécutés par cette étude, à la demande des Caisses d'Assurance Vieillesse ORGANIC et AVA, et à l'encontre d'une dizaine d'adhérents du mouvement. Le CDCA voulait exposer aux magistrats la situation financière dèjà très difficiles dans laquelle se trouvaient les membres incriminés, demander le déblocage des comptes et négocier un échéancier afin d'éviter les dépôts de bilans consécutifs.

Arrivés sur place, les manifestants on pu découvrir un barrage de policiers en uniformes, prévenus la veille par les RG, qui stationnait depuis 6 heures du matin devant la porte des huissiers qui, du coup, est restée obstinément fermée. Devant cet écueil et sans intention d'aller à l'affrontement, les manifestants ont spontanément organisé un "sit-in" dans la rue, devant l'étude, jusqu'aux alentours de midi. Ils ont profité de cette action pour faire valoir leur principale revendication : "Nous voulons la liberté de nous assurer nous-mêmes ..." lançaient-ils en faisant ainsi apparaître l'un des problèmes que connaissaient petits artisans et commerçants, obligés de cotiser à des caisses d'assurances qu'ils dénoncent comme ne leur apportant qu'une couverture sociale des plus symboliques ... mais au prix de cotisations d'un montant exorbitant, voire confiscatoire.

Au bout de quelques heures, une entrevue sous contrôle policier avec l'un des membres de l'étude, Maître Marcel BRINGUIER, n'a pas permis de débloquer la situation. Dès lors, les manifestants ont prolongé leur "sit-in", toute le journée face aux forces de l'ordre.
En conséquence, la circulation a été bloquée dans le centre-ville au grand dam de certains commerçants riverains de cette rue qui ont fait remarquer que la manifestation gênait leurs chalands.
Le face-à-face pacifique avec les forces de l'ordre s'est prolongé tard dans la soirée, bien après le départ des huissiers (par une porte dérobée) et la fermeture des magasins.

Deux ans plus tard, la Justice a condamné trois responsables de cette manifestation à la peine de 6 mois de prison avec sursis.
C'est ainsi qu'on a pu noter, dans cette affaire, un fait nouveau : le tribunal qui les a condamné considère qu'un modeste "sit-in" de protestation devant une étude d'huissiers s'avère "constitutif d'une tentative d'extorsion de signature par violence, menace ou contrainte". (Tel quel ! - Le Légitime / Août 1995)


Album photographique sur les actions menées par les anciens adhérents du CDCA,
au cours des années 80 et 90, et jusqu'à l'assassinat non élucidé de son leader historique, Christian POUCET.
Page remise en ligne le Lundi 27 Janvier 2014.