Yssingeaux   43 Haute-Loire

Plus de 5000 Travailleurs Indépendants, membres du CDCA, venus des quatre coins de l'Hexagone,
se sont donnés rendez-vous à Yssingeaux, malgré une interdiction préfectorale, pour rencontrer
Jacques BARROT, Maire de la ville, Ministre du Travail et des Affaires Sociales.

CDCA   Yssingeaux

Jeudi 18 Janvier 1996
Carte de France CDCA   >   Département de la Haute-Loire   >   Manifestation interdite à Yssingeaux
CDCA YSSINGEAUX, Haute-Loire 43, Jeudi 18 Janvier 1996, 5000 travailleurs indépendants du CDCA sont voir le Ministre Jacques BARROT.
Avant de reprendre les autocars, les manifestants prennent connaissance des revendications exposées à la presse par les responsables.

 

La Confédération de Défense des Commerçants et Artisans (CDCA) a montré, hier, qu'elle n'avait rien perdu de sa capacité de mobilisation, faisant donner ses troupes à Poitiers, à Nantes, à Lyon et surtout à Yssingeaux, ville de Haute-Loire dont le maire est Jacques Barrot, Ministre du Travail et des Affaires Sociales. Des incidents entre les manifestants et les forces de l'ordre ont fait deux blessés légers. La revendication majeure des commerçants est toujours la même : réforme des régimes de protection sociale et de retraite des commerçants, artisans et professions libérales.
"Je peux mobiliser 5.000 gars en quarante-huit heures dans une seule région, nous sommes très organisés, avec des structures pyramidales." disait récemment Christian Poucet.
Une nouvelle fois, ces propos du secrétaire national de la CDCA se sont vérifiés hier : environ 5.000 militants se sont retrouvés à Yssingeaux avec un objectif : mettre la pression sur le gouvernement afin que Christian Poucet soit reçu par le ministre du Travail. Problème : les préfets des départements concernés ont interdit ces manifestations pour "Risques de troubles à l'ordre public", en raison des graves incidents qui avaient marqué l'un des derniers grands rassemblements de la CDCA à Bordeaux, le 30 Octobre dernier.

 

 

CDCA YSSINGEAUX, Haute-Loire 43, Jeudi 18 Janvier 1996, 5000 travailleurs indépendants du CDCA sont voir le Ministre Jacques BARROT.
Les manifestants du CDCA ont eu très froid ... mais la Ville de Yssingeaux a eu très chaud !

Montpellier, 9h30, hier matin. Environ 150 militants, des hommes pour la très grande majorité, quadra et quinquagénaires pour la plupart, sont au rendez-vous fixé la veille. Comme tous les 200.000 membres de la CDCA revendiqués par Christian Poucet, ils se sont engagés, lors de leur adhésion, "à participer à au moins deux manifestations à l'appel de la confédération." Autour de la camionnette buvette, une seule question: "Où on va ?" Seul Jean Perez, président régional Languedoc-Roussillon, connaît la destination. Une demi-heure plus tard, trois cars et une quinzaine de voitures particulières partent en convoi, rejoints à la première pause, sur une aire d'autoroute, par deux autres cars en provenance de Sète. A la prochaine halte, à hauteur de Montélimar, une rumeur commence à courir: "On va au sud de Saint-Etienne, peut-être à Yssingeaux, chez Barrot."

 

 

CDCA YSSINGEAUX, Haute-Loire 43, Jeudi 18 Janvier 1996, 5000 travailleurs indépendants du CDCA sont voir le Ministre Jacques BARROT.
Un cordon de CRS défendait l'accès à l'Hôtel de Ville de Yssingeaux, au niveau du Café Eyraud.

 

CDCA YSSINGEAUX, Haute-Loire 43, Jeudi 18 Janvier 1996, 5000 travailleurs indépendants du CDCA devant la Mairie.
Yssingeaux - L'Hôtel de Ville sur Google Maps, ancien château des Évêques du Puy (XVème siècle).

 

Christian Poucet rejoint ses troupes à Yssingeaux en milieu d'après-midi. Ou, plus exactement, une partie de ses troupes, car seulement un demi-millier de militants ont pu pénétrer dans la ville. Les autres sont resté bloqués, tout autour d'Yssingeaux, à plusieurs kilomètres par des barrages de CRS et de gendarmes, ce fut notamment le cas à Le Pertuis, sur la RN88, où plusieurs autocars en provenance de l'Aude et des Pyrénées-Orientales ont été stoppés par un petit détachement de gendarmes. Les militants du CDCA sont descendus des bus. Certains ont entrepris de faire à pied les 10 kilomètres restants vers Yssingeaux, d'autres ont affronté les forces de l'ordre dont l'effectif n'était pas suffisant pour retenir plus longtemps les bus qui ont repris la route et récupéré, en chemin, les militants qui se rapprochaient de Yssingeaux, à pied, par la nationale.
Il faut également signaler que ces mêmes bus ont été arrêtés une première fois par les Gendarmes, entre Mende et Le Puy en Velay, pour se voir remettre une signification préfectorale d'interdiction de manifester.
À Yssingeaux, l'après-midi avait assez mal commencé: un bref affrontement entre quelques manifestants et gendarmes s'est soldé par deux blessés légers : un gendarme a été délesté de son fusil et légèrement blessé à l'arcade sourcilière, une yssingelaise âgée, blessée au nez, a fait les frais d'une charge de CRS. Tout s'est ensuite calmé, la situation se résumant à un face-à-face entre manifestants et forces de l'ordre. En fin d'après-midi, le secrétaire national de la CDCA a été reçu par le sous-préfet Yvon BRUN. Depuis Paris, Jacques Barrot s'est, quant à lui, déclaré "consterné par ces méthodes brutales". On peut d'étonner de cette réaction irréfléchie, car sur place, aucune dégradation n'a été commise malgré le nombre important de manifestants.
A Poitiers (Vienne), dans le même temps, un millier de militants se sont également rassemblés dans le centre-ville . Environ 250 d'entre eux s'étaient retrouvés auparavant devant le domicile familial du ministre des PME, du Commerce et de l'Artisanat, Jean-Pierre Raffarin, situé à quelques kilomètres de Poitiers. Dans la soirée, plusieurs centaines de militants ont bloqué plusieurs voies ferrées en gare de Poitiers. A Nantes, ils étaient également un bon millier. Hier, également, la cour d'appel d'Agen a confirmé les peines infligées à treize membres de la CDCA accusés d'avoir participé à des actions violentes dans deux cabinets d'huissiers à Cahors en Décembre 1993 et en Mars 1994. La présidente de la CDCA du Lot, Nadine Boury, a été condamnée à dix-huit mois de prison, dont dix-sept avec sursis et 10.000 F d'amende. Les autres prévenus ont écopé de peines allant de trois à six mois de prison avec sursis.
Sources :
Texte : Article de François CUSSET, envoyé spécial à Yssingeaux, Journal LIBÉRATION, édition du 19 Janvier 1996,
Photos : Le Légitime, N°38, Février 1996; Google maps 2012.

 

 

 

Album photographique sur les actions menées par les anciens adhérents du CDCA au cours des années 90
pour l'abolition du monopole exercé par le système de sécurité sociale des travailleurs indépendants de France.


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